Ocean-Racing

Ocean Racing, Surfski, qu’est ce que c’est ?

L’océan racing : traduction littérale, la course en mer. Ce terme générique regroupe en fait plusieurs familles d’embarcation qui se confrontent sur des distances plus ou moins longues ayant en commun le mode de propulsion (la pagaie simple ou double) et pour terrain de jeu la mer.

 

➢ le surfski : embarcation sit on top insubmersible, ce sont des kayaks directeurs mono ou biplace qui disposent d’un gouvernail. Ces bateaux sont de véritables fusées marines dessinées pour la glisse et la survitesse en pleine mer. Arrivés depuis l’Australie et l’Afrique du Sud, ils étaient à l’origine conçus comme engin de sauvetage. La discipline regroupe aujourd’hui près de 40 pays pour l’une des embarcations les plus polyvalentes du monde de la pagaie. On peut en effet utiliser son surfski en mer mais aussi sur des lacs et même en eaux vives. Pour exemple, le marathon de l’Ardèche est remporté désormais en monoplace par un athlète en surfski (avantages : bateau volumineux, auto-videur, dirigeable au safran).

➢ les VA’A ou pirogues polynésiennes : monoplace, biplace, 4 ou 6 équipiers, ces bateaux directement hérités des pirogues polynésiennes en ont conservé les principales caractéristiques. Ils disposent d’un balancier sur le côté gauche appelé AMA. Pour les équipages de 6 (V6), on distingue le FAORO qui cadence le rythme (en 4ème ou 5ème position) et le PEPERU qui est situé à l’arrière qui est chargé de diriger la pirogue. Tous les rameurs (appellation spécifique au pagayeurs des VA’A) sont assis à l’intérieur du bateau dans la coque. Afin de respecter la tradition polynésienne, aucun calage ni gouvernail ne sont autorisés et les bras de liaison de l’AMA sont obligatoirement en bois. La pratique du va’a est toujours très lié aux coutumes polynésiennes alliant l’amour de l’océan, la culture et la religion.

 

➢ les out-riggeurs canoë : cette appellation concerne les pirogues originaires de l’archipel d’Hawaï dans le Pacifique. Elles se distinguent de leurs voisines de Polynésie par une forme de coque plus gironnée, un volume plus important et surtout la présence autorisée d’un gouvernail manipulé comme en surfski depuis la planche de pied. Le pagayeur est assis sur la coque (et non à l’intérieur) et peut disposer d’une sangle de pied. Ce sont des embarcations sit on top insubmersible. Les matériaux du balancier et son système de liaison sont libres.

 

➢ du kayak de mer au surfski et autres supports : en France, la discipline compétitive en mer s’est dans un premier temps longtemps courue avec des bateaux pontés « bricolés », puis avec des bateaux se rapprochant des caractéristiques des surfskis mais en restant pontés. Ils n’étaient pas auto-videurs et nécessitait le port d’une jupette. Ces kayaks issus de la randonnée et du mariage plus au moins réussi avec des formes de course en ligne, de descente ont fait les belles années du Merathon (le marathon en mer) discipline historique de l’océan racing dans l’hexagone. Moins performant et moins autonome en pleine mer, ils seront petit à petit abandonnés au profit des surfskis au début des années 2000, avec un gain de sécurité indéniable pour le pratiquant.

L’objectif de l’océan racing est identique pour tous ces bateaux : parcourir en un minimum de temps un parcours en pleine mer en tirant le maximum de bénéfice des éléments marins à savoir, le vent et les vagues. A ce petit jeu humide et salé, n’ayez pas peur de donner de votre personne car l’océan racing est avant tout un face à face avec la mer.

Lorsque vous prenez le dessus, vous pouvez alors profiter de longues glissades sur la houle à des vitesses pouvant dépassées les 20km/h la pagaie posée sur les genoux ! Cela ne dure pas et il vous faudra relancer régulièrement pour renouveler ce plaisir.

L’océan racing, c’est aussi une épreuve de longue durée. Certaines courses dépassent les 40 km, et peuvent se faire par étapes. La plupart des formats sur le circuit national français se déroulent sur une distance entre 10 et 25 km. Les joies de cette glisse en pleine mer se méritent, il vous faudra acquérir en même temps que la connaissance de la mer une endurance pour ces efforts pouvant aller de 1 à 4 heures. Certains formats vont même fleureter avec les 50 km… Si le vent et les vagues sont avec vous, vous pourrez alors repousser vos limites et étendre vos terrains de jeu à l’infini.

Dates à retenir :

 – 1938 : premier surfski construit en Afrique du Sud en toile sur armature en bois

 – 1952 : organisation de la première édition de la MOLOKAI pour les V6, course mythique qui relie l’île Molokai à celle d’Oahu dans l’archipel d’Hawaï

 – 1954 : les australiens mettent au point un surf ski construit en contre plaqué et armature en bois. Il servira à sécuriser les plages fréquentées de la côte Est.

 – 1972 : première édition de la East London –Port Elisabeth en Afrique du Sud, la plus longue course du monde en surf ski. 240 km en 4 jours !

 – 1976 : première Molokai en surf ski

 – 1978 : le célèbre détective Magnum s’entraine en surf ski dans de nombreux épisodes de cette série culte

 – 1983 : Oscar Chalupski gagne sa première Molokai en surf ski. Il en remportera 11 (dont la dernière en 2011 âgé de 49 ans) ce qui reste un record

 – 1999 : premier championnat de France de Merathon à Brest

 – 2000 : le premier surfski est importé en France et remporte les championnats de France au Grau du Roi (Franck FIFILS)

 – oct 2003 : première Coupe d’Europe Va’a (officieuse) en Baie de Somme

 – 2008 : le terme « Merathon » disparait au profit de l’océan racing. Les surfskis vont en quelques années remplacer l’ensemble du parc français destiné à la course en mer.

 – 2011 : il n’existe plus aucun kayak ponté au départ des grandes courses nationales

 – 2013 : premier championnats du Monde d’océan racing sous l’égide de la FIC. Plus de 380 compétiteurs issus de 29 nations se retrouvent à Vila Do Conde au Portugal. La France remporte sa première médaille mondiale de la discipline avec Angie MOUDEN (Brest) sacrée vice-championne du Monde en moins de 23 ans. En OPEN, le premier français est Yannick LAOUSSE (Ria d’Etel). Il termine 18ème.

 – 2014 : l’équipe de France domine les championnats d’Europe disputés à Vila Do Conde (Portugal). Yannick LAOUSSE (Lochrist) est champion d’Europe en kayak homme senior devant Benoit LE ROUX (Brest), Angie MOUDEN (Brest) championne d’Europe en kayak dame senior, Noe PELIZZA (Pont Aven) est champion d’Europe junior et -23ans devant son collègue Valentin HENOT (Pont Aven)

 

 

– octobre 2015 : Hector HENOT (Pont Aven) devient vice-champion du monde junior lors des mondiaux courus à Tahiti. Yannick LAOUSSE (Lochrist) prend la 7ème place et termine premier européen au contact des meilleurs mondiaux.

 

Par Olivier TANTON – CTR Guadeloupe, Renaud DOBY – CTN FFCK, Jean-Louis LE ROUX – expert ocean racing, Frédéric CASTRYCK – CTR Bretagne